11/12 Le numérique menace-t-il nos démocraties?

Visuels © Maxime Coton

Le numérique nous facilite la vie, dans tous les domaines dont il prend le contrôle, sans même plus se cacher. Mais comment résister à ce qui nous facilite tant la vie? Et faut-il résister? Nous vous proposons deux visions radicalement opposées, l’une résolument technophile, l’autre beaucoup plus circonspecte, et c’est un euphémisme.

La promesse qui accompagne les big data, c’est que la collecte massive de données permettra de prévoir la plupart des phénomènes, comportements humains compris. Pour le pire et le meilleur. Demain, la virtualisation de toute information rendra possible la prise en charge automatisée des biens et services. Les transports en commun deviendront impossibles à frauder et optimiseront le trafic pour un coût écologique minimum. Des senseurs intelligents s’assureront d’une consommation énergétique sobre. Les contrats, financiers et autres, ne souffriront d’aucune défection possible et des algorithmes prédictifs préviendront toute activité criminelle. L’interdit le deviendra vraiment et la privation remplacera la punition. Un gouvernement algorithmique ne se laissera plus provoquer par la liberté humaine. Mais cette provocation constante n’est-elle pas précisément ce qui suscite le débat, renvoyant au projet collectif? Souhaitons-nous vraiment être gouvernés par Big Brother?

Antoinette Rouvroy, chercheuse au FNRS et philosophe du droit à l’U-Namur, spécialisée dans l’étude de la gouvernementalité algorithmique, répond non. Hugues Bersini, professeur d’informatique et directeur du laboratoire d’intelligence artificielle de l’ULB, pense plutôt le contraire. Ils en débattront et chacun jugera…

Infos pratiques