Jouez au Gnagnateur, notre générateur de langue de bois néo-réac

alain f Bien qu’ils se disent politiquement incorrects et fustigent la pensée unique (qui n’est pas la leur), ils occupent un espace médiatique considérable, d’où ils dispensent leurs leçons de réalité avec un aplomb qui fait plaisir à entendre. L’asbl 2Bouts et le Centre Librex ont conçu une petite application qui vous permettra de construire vous-même votre envolée 100% langue de bois néo-réac1. Les éléments de langage qui composent les phrases sont tirés de propos authentiques (dont, par charité chrétienne ou pas, nous tairons les auteurs.)


Comment ça fonctionne? A partir d’éléments de langage collectés dans un corpus d’entretiens disponibles sur Internet, le générateur fabrique des réponses recomposées de manière totalement aléatoire. L’objectif n’était évidemment pas de fabriquer un journaliste virtuel capable de fournir des entretiens clés en main aux journaux de la droite de la droite, mais bien de montrer que, derrière ce pseudo « parler vrai », le discours néo-réactionnaire n’a rien à envier à la langue de bois politicienne. Pour une autre interview, il suffit de rafraîchir la page2


Vous posez un diagnostic assez sombre sur nos sociétés…

L'angélisme n'est pas un humanisme. Il faut vivre dans la vraie vie: dans ce contexte de mondialisation, la tension grandit entre la question de l’asile et l’identité nationale.

Vous avez le droit de le dire, ça?

Non. Les curés du politiquement correct s’efforcent d’interdire le débat en criminalisant les mots interdits, les fameux dérapages. La principale occupation des gens de gauche aujourd’hui est de traiter les autres de racistes.

Vous fustigez l’incapacité de nos dirigeants à prendre en compte le réel…

Oui, évidemment. La culpabilité post-coloniale et le goût du déni des bisounours nous ont fait préférer les accommodements prétendument raisonnables à la défense de notre identité. Notre époque ne sait plus lire, elle feuillette ; elle ne sait plus penser, elle invective ; elle ne fait plus d’histoire, elle buzze.

Vous pouvez préciser?

La culture de l’excuse et le laxisme coupable des bobos donneurs de leçons ont importé le choc des Civilisations à l'intérieur des sociétés européennes. Voilà des années que je réclame de rebâtir l’action de l’Etat sur ces questions cruciales.

Vous êtes conscient que vos propos vont choquer?

Oui, et croyez que je le déplore. C’est donc la libre expression de la pensée libre qui est problématique dans un monde qui soumet l’intelligence avec les méthodes des régimes autoritaires dont Orwell a proposé l’impeccable démontage. Ce qui me fait irrésistiblement penser à cette citation du regretté Péguy : "Il faut toujours dire ce que l’on voit. Surtout il faut toujours, ce qui est le plus difficile, voir ce que l’on voit."

  1. Sur les néo-réac: « Ils se disent voltairiens, de droite sans être forcément sarkozystes et aucun ne rechigne à se qualifier de « réactionnaire ». On les reconnait vite à leur ton, souvent à l’emporte pièce, et plus encore à leurs thèmes de prédilection : une vision catastrophée de l’école, une ironie à l’égard du « politiquement correct » (cette autre façon, dans leur bouche, de dire la gauche), un discours parfois très raide sur l’immigration en général et l’islam en particulier et, depuis l’avènement de Marine Le Pen, la certitude affichée que le Front national doit désormais être tenu pour un parti comme un autre. », Raphaëlle Bacqué in « Le Monde », 4/4/2011 []
  2. A noter que la gauche n’est pas avare non plus en discours creux, comme le pointe avec férocité le collectif « les mots sont importants » dans le très cruel toi aussi rédige un manuel pour refonder la gauche. []