Jouez au Gnagnateur, notre générateur de langue de bois néo-réac

alain f Bien qu’ils se disent politiquement incorrects et fustigent la pensée unique (qui n’est pas la leur), ils occupent un espace médiatique considérable, d’où ils dispensent leurs leçons de réalité avec un aplomb qui fait plaisir à entendre. L’asbl 2Bouts et le Centre Librex ont conçu une petite application qui vous permettra de construire vous-même votre envolée 100% langue de bois néo-réac ((Sur les néo-réac: « Ils se disent voltairiens, de droite sans être forcément sarkozystes et aucun ne rechigne à se qualifier de « réactionnaire ». On les reconnait vite à leur ton, souvent à l’emporte pièce, et plus encore à leurs thèmes de prédilection : une vision catastrophée de l’école, une ironie à l’égard du « politiquement correct » (cette autre façon, dans leur bouche, de dire la gauche), un discours parfois très raide sur l’immigration en général et l’islam en particulier et, depuis l’avènement de Marine Le Pen, la certitude affichée que le Front national doit désormais être tenu pour un parti comme un autre. », Raphaëlle Bacqué in « Le Monde », 4/4/2011)). Les éléments de langage qui composent les phrases sont tirés de propos authentiques (dont, par charité chrétienne ou pas, nous tairons les auteurs.)


Comment ça fonctionne? A partir d’éléments de langage collectés dans un corpus d’entretiens disponibles sur Internet, le générateur fabrique des réponses recomposées de manière totalement aléatoire. L’objectif n’était évidemment pas de fabriquer un journaliste virtuel capable de fournir des entretiens clés en main aux journaux de la droite de la droite, mais bien de montrer que, derrière ce pseudo « parler vrai », le discours néo-réactionnaire n’a rien à envier à la langue de bois politicienne. Pour une autre interview, il suffit de rafraîchir la page ((A noter que la gauche n’est pas avare non plus en discours creux, comme le pointe avec férocité le collectif « les mots sont importants » dans le très cruel toi aussi rédige un manuel pour refonder la gauche.))


Vous posez un diagnostic assez sombre sur nos sociétés…

Nos pays meurent de notre naïveté. Il suffit de parler avec les vrais gens : face à la crise, on constate une disruption totale entre la question de l’asile et l'avenir rêvé de nos enfants.

Vous avez le droit de le dire, ça?

Non. Les curés du politiquement correct s’efforcent d’interdire le débat en criminalisant les mots interdits, les fameux dérapages. Tout anticommunisme est un chien, disait Sartre. Celui qui n’adhère pas aux thèses antiracistes est pire qu’un chien, c’est un nazi, il sort de l’humanité.

Vous fustigez l’incapacité de nos dirigeants à prendre en compte le réel…

Hélas, hélas... L'égalitarisme et la haine de soi des adorateurs du Vivre-Ensemble ont contribué à détruire ce qui reste de cohésion et de sécurité dans nos sociétés. Il faut quand même finir par dire les choses de manière simple.

Vous pouvez préciser?

La bien-pensance et l’angélisme des petits procureurs dopés à la moraline handicapent mortellement notre pays dans sa confrontation avec l'islamisme. Voilà des années que je souligne la nécessité de reconstruire l’action de l’Etat sur ces questions cruciales.

Vous êtes conscient que vos propos vont choquer?

Certes. Toute pensée élaborée en dehors de cette vulgate est criminalisée, insultée. Comme le résume beaucoup plus brillamment que moi Bossuet : "Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes."