Jouez au Gnagnateur, notre générateur de langue de bois néo-réac

alain f Bien qu’ils se disent politiquement incorrects et fustigent la pensée unique (qui n’est pas la leur), ils occupent un espace médiatique considérable, d’où ils dispensent leurs leçons de réalité avec un aplomb qui fait plaisir à entendre. L’asbl 2Bouts et le Centre Librex ont conçu une petite application qui vous permettra de construire vous-même votre envolée 100% langue de bois néo-réac1. Les éléments de langage qui composent les phrases sont tirés de propos authentiques (dont, par charité chrétienne ou pas, nous tairons les auteurs.)


Comment ça fonctionne? A partir d’éléments de langage collectés dans un corpus d’entretiens disponibles sur Internet, le générateur fabrique des réponses recomposées de manière totalement aléatoire. L’objectif n’était évidemment pas de fabriquer un journaliste virtuel capable de fournir des entretiens clés en main aux journaux de la droite de la droite, mais bien de montrer que, derrière ce pseudo « parler vrai », le discours néo-réactionnaire n’a rien à envier à la langue de bois politicienne. Pour une autre interview, il suffit de rafraîchir la page2


Vous posez un diagnostic assez sombre sur nos sociétés…

L'angélisme n'est pas un humanisme. Il faut vivre dans la vraie vie: face à la précarité, il faut une meilleure articulation entre la question des frontières et l’identité nationale.

Vous avez le droit de le dire, ça?

Non. Les droits de l'homme sont devenus depuis quelques décennies une véritable religion séculière obsédée de non-discrimination. La principale occupation des gens de gauche aujourd’hui est de traiter les autres de racistes.

Vous fustigez l’incapacité de nos dirigeants à prendre en compte le réel…

Oui, évidemment. L’autoflagélation et le politiquement correct des adorateurs du Vivre-Ensemble ont transformé la communauté nationale dont on nous rabat les oreilles en pure fiction. Il faut mettre les pieds dans le plat et regarder la vérité en face.

Vous pouvez préciser?

La culpabilité post-coloniale et le laxisme coupable des petits procureurs dopés à la moraline nous conduisent tout droit à la guerre civile. Voilà pourquoi je propose de reconstruire la logique de sanction sur ces questions cruciales.

Vous êtes conscient que vos propos vont choquer?

Oui, et croyez que je le déplore. Je ne compte pas le nombre de gens vraiment de gauche qui me disent, dans la rue, qu’ils sont d’accord avec moi, mais n’osent pas le dire parce qu’il règne une terreur idéologique… Comme disait Julien Freund: "C’est l’ennemi qui vous désigne. Et s’il veut que vous soyez son ennemi, vous pouvez lui faire les plus belles protestations d’amitié. Du moment qu’il veut que vous soyez son ennemi, vous l’êtes. Et il vous empêchera même de cultiver votre jardin".

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  1. Sur les néo-réac: « Ils se disent voltairiens, de droite sans être forcément sarkozystes et aucun ne rechigne à se qualifier de « réactionnaire ». On les reconnait vite à leur ton, souvent à l’emporte pièce, et plus encore à leurs thèmes de prédilection : une vision catastrophée de l’école, une ironie à l’égard du « politiquement correct » (cette autre façon, dans leur bouche, de dire la gauche), un discours parfois très raide sur l’immigration en général et l’islam en particulier et, depuis l’avènement de Marine Le Pen, la certitude affichée que le Front national doit désormais être tenu pour un parti comme un autre. », Raphaëlle Bacqué in « Le Monde », 4/4/2011 []
  2. A noter que la gauche n’est pas avare non plus en discours creux, comme le pointe avec férocité le collectif « les mots sont importants » dans le très cruel toi aussi rédige un manuel pour refonder la gauche. []