8/12 Féminismes, antiracismes: les mots du contre-pouvoir | LA RENCONTRE

Rencontre entre Rokhaya Diallo, Maboula Soumahoro et quatre expert·e·s belges. Avec Selemani Gloria Djemba, Emmanuelle Nsunda, Ruth Paluku-Atoka & Aïda Yancy.

Pas besoin de s’inscrire pour cet événement.
Il sera diffusé gratuitement en streaming live sur le site de ZinTv

Personnes racisées, blanchité, privilège blanc, privilège masculin, mansplaining, male tears, études de genre, féminisme décolonial, intersectionnalité…

Ce qui n’est pas nommé n’existe pas. L’irruption récente de ces notions dans les milieux militants et/ou universitaires permet de raconter, souvent très concrètement, ce qui restait de l’ordre de l’indicible. Et contribue à une salutaire mise à nu des rapports de domination, dans leurs trivialités les plus grossières. Autant dire que l’usage de ces mots suscite de fortes résistances et de bruyantes condamnations de la part de celles et ceux qui se posent en garant·es de l’orthodoxie langagière et des valeurs qu’elle véhicule.

Ainsi, nommer les Blanc·hes serait raciste. Mais pas les Noir·es ou les Arabes dont l’existence en tant que catégories n’est pas à démontrer dans le langage courant. Ainsi, le mot racisé·e serait la dernière invention d’un antiracisme soudain devenu raciste.Ces mots, donc, peuvent rebuter ou faire peur. Y compris dans les camps des militant·es de terrain. Marqueurs d’une certaine radicalité politique, ils sont parfois mal définis ou mal compris, et refusés par les personnes concernées elles-mêmes qui n’y voient qu’intellectualisme ou charabia militant. Raison de plus pour, ensemble, se pencher sur leur signification.

La langue comme champ de bataille…

Avec…
Emmanuelle Nsunda
Emmanuelle a étudié l’histoire de l’art et la restauration d’œuvre d’art à Liège. Elle évolue ensuite au sein de divers espaces culturels (musées, galeries, ateliers, centres culturels et associations) et se forme sur le terrain à la curation et la production d’événements culturels en travaillant notamment pour le centre de cultures alternatives Zone et le Festival Voix de Femmes. En 2017, elle imagine le projet Afrofeminism in progress qui a pour objectif d’explorer des questions décoloniales depuis le point de vue des femmes afrodescendantes, et ce sans limites d’approches ou de formes. Dans ses explorations, un intérêt tout particulier est porté sur la place des femmes noires au sein des institutions culturelles. Elle traite d’ailleurs ce sujet à travers son podcast à venir : Les absentes.
Aïda Yancy
Aïda est une militante LGBTQI+ féministe et antiracist basée à Bruxelles. Elle est historienne et se spécialise sur les questions de race, genre, sexualités et inégalités sociales. Son focus est sur la défense des droits de ceux qui disparaissent de l’attention générale en raison de l’impensé des intersections de leurs identités. Elle travaille actuellement à la RainbowHouse Brussels, la coupole LGBTQI+ de la Région de Bruxelles-Capitale, où elle dirige le projet européen Equalcity. Ce projet vise à soutenir les services urbains spécialisés sur les violences de genre dans la mise en place d’espaces plus safe pour les personnes LGBTQI+ issues de la migration au sens large. Elle donne également régulièrement des ateliers, conférences et exposés sur l’intersectionnalité et ses sujets connexes.
Selemani Gloria Djemba
Selemani est étudiante en infirmerie mais pas que… En 2019, elle réalise le documentaire « SiropDeLiège » à propos des jeunes noires de la ville de Liège. Elle est la voix du podcast « Diasporama » produit par la RTBF, traitant de la diaspora congolaise. Militante afrofeministe, elle écrit pour son blog, et divers comptes Instagram en tant que « ghost writer », des articles sur la communauté noire en lien avec le milieu de la santé et autre…
Ruth Paluku-Atoka
Ruth est militant·e queer antiraciste. Iel est membre du Climate Justice Camp, un événement annuel mettant en avant les questions climatiques et écologiques. Iel prône une lutte climatique indissociable des luttes raciale, queer et anticapitaliste. À travers divers démarches (artistique et militante), iel développe des projets centrant les personnes premièrement impactées par ces oppressions au centre des narratives écologistes.
Rokhaya Diallo
Journaliste française, autrice et réalisatrice antiraciste et féministe. Terriblement pédagogue, polémique dans le bon sens du terme, elle n’hésite pas à aller ferrailler sur les plateaux télés face aux Zemmour et autres néo-réacs aux pensées tristes, ne négligeant aucune possibilité de toucher un public populaire. Ses derniers livres « Ne reste pas à ta place : comment s’accomplir en ne faisant rien de ce qui était prévu » (Marabout) et « La France, tu l’aimes ou tu la fermes ? » (Textuel) sont parus en 2019.
Maboula Soumahoro
Vit et travaille des deux côtés de l’Atlantique, ce qui n’est pas sans influence sur sa vision de l’antiracisme. Diplômée de l’Université Columbia à New-York, docteure en civilisations du monde anglophone, elle est aujourd’hui spécialiste en études afro-américaines et de la diaspora noire/africaine. Maîtresse de conférences à l’université de Tours (France), elle a également enseigné au sein de nombreux autres établissements scolaires et pénitentiaires en France et aux États-Unis. Depuis 2013, elle préside l’association Black History Month (BHM), dédiée à la célébration de l’histoire et des cultures du monde noir. Elle est l’autrice de « Le Triangle et l’Hexagone, réflexions sur une identité noire » (La Découverte, 2020), un ouvrage hybride dans lequel elle explore son propre parcours de chercheuse.

Avec le soutien d’equal.brussels et de la Commune de Saint Gilles.

Cette soirée est organisée par Le Centre Librex en collaboration avec ZinTV, Afrofeminism In Progress, Rainbow House, La Maison du Livre et Point Culture.