18/05/2010 – Stéphane Thys

Stéphane Thys est responsable depuis 1995 de l’Observatoire bruxellois de l’Emploi. Il est expert des questions relatives à l’emploi et au chômage à Bruxelles. Il a réalisé ou coordonné une trentaine d’études relatives au marché de l’emploi à Bruxelles au travers de problématiques aussi diverses que la discrimination ethnique à l’embauche, la question du genre, les fonctions critiques, les dynamiques locales, l’analyse des besoins de formation, le chômage des jeunes, l’emploi des seniors, etc …

Il travaille  régulièrement  à la production d’analyses sectorielles, en particulier celles concernant les secteurs porteurs d’emploi en RBC.

Il siège par ailleurs comme expert dans différents groupes techniques sur le plan régional et fédéral. Il participe notamment aux travaux de la Commission Consultative Formation-Emploi –Enseignement.

L’Observatoire a publié sur la question :

  • « Situation des femmes sur le marché du travail en Région de Bruxelles-Capitale » (mars 2004)
  • « Politique de l’emploi et de la formation professionnelle en Région bruxelloise sous l’angle du genre » (septembre 2005)
  • « L’emploi des femmes bruxelloises : aperçu des inégalités de genre » (Avril 2010)

Disponibles à partir du site www.actiris.be (rubrique Marché de l’emploi/Observatoire)

 

Les femmes sur le marché de l’emploi bruxellois : entre ségrégation et dualisation

 

Si dans l’ensemble les effets de la crise se sont fait ressentir à Bruxelles plus tardivement que dans d’autres régions, on pense à la Région flamande, Bruxelles partage un point commun avec les régions voisines, à savoir une croissance du chômage masculin nettement plus marquée au cours de ces deux dernières années. Si la main d’œuvre féminine n’est pas épargnée par les effets de  la crise économique et financière, l’impact apparait jusqu’à présent plus diffus et moins prononcé que pour les hommes.

Cette concentration apparente des effets négatifs de la crise sur la main-d’œuvre masculine n’est pas spécifique à la Belgique, on l’observe également dans bien d’autres pays européens et aux Etats-Unis.

  • Comment interpréter une telle évolution, que signifie-t-elle et que masque-t-elle ?
  • Les ségrégations sectorielles suffisent-elles à expliquer une telle différenciation d’impact ?
  • Le fait que cette crise a d’abord frappé du personnel ouvrier dans le secteur de l’industrie et du personnel cadre et hautement qualifié dans les services suffit-il à rendre compte de ces évolutions ?

Le choix des indicateurs a évidemment toute son importance pour apprécier correctement les impacts présents et futurs que cette crise aura sur l’emploi des hommes et des femmes. 

  • Cette crise aggravera-t-elle à terme les inégalités de genre qui caractérisent le marché du travail ?

La Région de Bruxelles-Capitale se caractérise par un degré élevé de dualisation sociale qui amplifie encore les inégalités de genre dont sont victimes nombre de travailleuses bruxelloises.

Un bref état des lieux de la situation des femmes sur le marché du travail bruxellois rappellera à quel point la distance qui nous sépare d’une réelle égalité hommes/femmes est encore conséquente. Un retour des confusions entre politique de l’emploi et politique familiale constitue un risque encore plus présent en période de crise.

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