9/3/2012 : Rencontre-débat « La dépénalisation de l’avortement en péril »

Le Centre régional du Libre Examen de Bruxelles et le Planning Familial de Saint Gilles vous invitent à une rencontre débat sur le thème de la remise en question du droit à l’avortement, vendredi 9 mars de 13h30 à 16h00.

En 1990, la Belgique adoptait, non sans peine, la loi relative à l’interruption de grossesse, portée par le sénateur socialiste Roger Lallemand, qui marqua la victoire du droit pour chaque femme de disposer librement de son corps. Vingt ans plus tard, et devant le regain des courants rétrogrades de tous horizons, la législation pourtant fondamentale fait l’objet d’attaques régulières de la part du mouvement Pro-Life de plus en plus actif.

Dans beaucoup de pays de l’Union européenne, la loi sur l’avortement est toujours restrictive : l’avortement est complètement illégal à Malte, toléré uniquement lorsque la vie de la mère est en danger en Irlande, toléré en cas de viol ou pour des raisons de santé en Pologne, Portugal, Espagne et à Chypre, toléré également pour des raisons économiques en Finlande, Luxembourg, Royaume-Uni. Quant aux pays où la loi sur la dépénalisation est officielle, des résistances de la part des médecins en limitent parfois l’application effective comme en Italie… Ou encore, en Allemagne, une mutuelle proposerait une prime de 300 € aux femmes qui s’engagent à ne jamais avorter, une manière abjecte de les acheter en les privant de leur droit.

Mais que se passerait-il si la loi sur la dépénalisation de l’avortement était supprimée en Belgique ? Les jeunes générations se rendent-elles compte que ce droit est en danger et que l’interdiction de l’avortement nous ramènerait à une période pas si lointaine où les femmes étaient victimes de multiples complications suite à un avortement clandestin ?

Le 9 mars 2012, au Planning familial de Saint Gilles, deux invités nous rafraîchiront la mémoire et nous rappelleront la nécessité de rester vigilantes :

  • Pascale Maquestiau, le Monde selon les Femmes, brossera l’historique du long combat qui a permis la dépénalisation de l’avortement en Belgique ;
  • Katinka Int’ Zandt, accueillante au Planning Familial de Free clinic, à Ixelles nous exposera la situation actuelle aux niveaux belge et européen, puis posera les revendications pour le futur.

Suite à leur analyse, un débat s’ouvrira où nous pourrons ensemble nous questionner sur le sens et la portée de cette loi en Belgique. Les participant(e)s pourront exprimer leur point de vue sur ce que représente une grossesse non désirée, situation de vie à laquelle toutes les femmes, sans exception, peuvent être un jour confrontées.

Défendre le droit à l’avortement, c’est :

  • Permettre aux femmes d’interrompre une grossesse non désirée dans de bonnes conditions médicales et psychologiques,
  • défendre la vie des femmes et leur liberté de choix,
  • respecter les femmes dans leur intégrité et leur désir ou non de grossesse en refusant de les limiter à des ventres,
  • protéger les femmes contre la souffrance et l’adversité,
  • garantir une égalité de traitement pour toutes les femmes, quelles que soient leurs convictions et leur situation sociale,
  • assumer collectivement et sans hypocrisie des avortements qui se pratiqueraient sinon clandestinement comme par le passé,
  • défendre une parenté responsable dans une société (hommes et femmes) mature.

Une plateforme a été créée en 2011 pour réaffirmer les positions pour le droit à l’avancement et rappeler les avancées démocratiques en matière de santé publique et d’égalité des chances. De nombreuses associations actives dans ce domaine, parmi lesquelles les Femmes Prévoyantes Socialistes, le Centre d’Action Laïque et le Centre régional du Libre Examen, y participent. Une Charte a été rédigée, accessible à tous sur le site www.abortionright.eu et que chacun peut signer individuellement. Une mobilisation est  prévue le 24 mars à laquelle vous êtes tous et toutes conviés à participer.

Paroles de quelques défenseurs du droit à l’avortement :

La Ministre Simone Veil devant l’Assemblée française à Paris, le 20/12/1974 : […] Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes. […]  C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame.

Pierre de Locht, prêtre, lors du meeting de Namur le 27/1/1973 : […] Je ne crois pas qu’il y ait des personnes qui soient pour ou contre la vie. […] Ma foi de chrétien ne me permet pas de juger les autres ni d’imposer aux autres mes propres convictions, ni d’enfoncer dans la clandestinité tous ceux qui cherchent en conscience la solution la moins mauvaise. Je tenais à le dire en tant qu’homme, et en tant que chrétien fidèle à la foi et à mon Eglise.

Centre d’Action Laïque, communiqué de presse du 16/2/2011 : […] Nul n’ignore que l’avortement clandestin était, en Belgique, un véritable fléau de santé publique, causant de très nombreux décès. De nos jours encore, les avortements clandestins et non médicalisés entraînent la mort de 70.000 femmes par an dans le monde. Il ne faut donc pas s’étonner que le CAL continue de défendre et de promouvoir, comme il l’a toujours fait, l’encadrement légal de l’IVG et sa dépénalisation.

Brochure d’information sur le droit à l’avortement en Belgique : ici

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