02/10/2010 : Théâtre débat « Le coeur des enfants léopards »

Le théâtre Agora de Hypothésarts

Le théâtre Agora consiste en la mise à la scène de textes littéraires dans une pièce suivie d’une délibération. Créée en 1980 sous la conduite de Christian Leblicq, la Compagnie Hypothésarts a inventé cette nouvelle forme théâtrale qui se déploie sans machinerie théâtrale ni artifices traditionnels ce qui permet de se jouer partout et devant tous les publics.

L’objectif ? Penser sans préjugés, sortir des analyses limitées ou dogmatiques, éclairer l’environnement social par des compréhensions mutuelles, fruits d’une alliance du réel et de l’imaginaire, toujours réinventée pour retrouver les sens du possible.

De parole urbaine, Le Cœur des enfants léopards offre des outils précieux pour revigorer les échanges qui éveillent les consciences, à propos de « la violence et l’agressivité chez les jeunes ? ».

L’histoire : Le cœur des enfants léopards

Le Livre : Le cœur des enfants léopards, Actes Sud, 2007

Ils se connaissent depuis qu’ils sont enfants. Avec elle, son amour depuis toujours, il tentera de se détacher de sa banlieue et montera à Paris étudier. Mais encore faut-il pouvoir s’arracher des H.L.M., de leur grisaille, de leurs stéréotypes qui collent à la peau et retiennent ces laissés pour compte.

Puis, un jour, elle décide de partir loin, là tout reste à construire. Alors, les derniers liens qui les reliaient encore à l’insouciance de l’enfance se brisent. L’amour, ses fruits suaves de l’Afrique magnifiée et sa liberté sauvage, disparaît pour faire place à la plus brutale réalité.

Vainement, il tentera d’y échapper, de ne plus songer à la douleur de l’amour disparu. Vient le temps de l’errance dans la désespérance. Ne plus penser… Tant et si bien qu’il commettra l’irréparable. Ne plus penser… Jusqu’à cette nuit où il tuera ce policier, un de ceux qui croient pourtant au bien-fondé de leur mission…

L’auteur : Wilfried N’Sondé

Né en 1969 à Brazzaville au Congo, Maîtrise de Sciences politique à l’Université de Nanterre, musicien compositeur, écrivain…

Qualifié par Jean-Marie Le Clézio « d’écrivain en action », Wilfried N’Sondé appartient à cette nouvelle vague d’écrivains de banlieue qui revendiquent leurs origines d’immigrés africains vivant en Europe.

Le comédien : Ansou Diedhiou

Il a notamment joué dans : L’Exception et la règle (B. Brecht), La mort Cuchullain (W. B. Yeats), La seule jalousie d’Emer (W. B. Yeats), Les Dents (S. Cotton), Bureau national des allogènes (S. Cotton), Antigone (H. Bauchau), La Paix (Aristophane).

Avec le metteur en scène René Georges : Allah n’est pas obligé de Ahmadou Kourouma (2004-2005), Maison d’Arrêt d’Edward Bond (2006-2007), Un Homme est un Homme (2010).

La délibération : Violence et agressivité chez les jeunes ?

Le thème : Des jeunes stigmatisés

Le point d’interrogation dans le titre évoque l’impertinence du sujet à délibérer. Car, comme l’exprime Wilfried N’Sondé lui-même : « C’est le propre même de la jeunesse d’être en errance, de se chercher, savoir qui on est, d’où l’on vient, etc. […] Il n’y a pas de jeunesse perdue, elle se cherche, va de gauche à droite, doute, s’enthousiasme. Et cela concerne la jeunesse du monde entier, pas que celle des banlieues ». […]

« […] Certes il y a de la violence et de la peur, mais au quotidien, il y a aussi de l’amour, des rêves, des gens qui vivent. » Ou encore « […] Je trouve triste qu’au lieu de parler de ce qui se passe bien, on ne parle que de ce qui se passe mal. Je trouve cela dangereux car cela stigmatise et crée des tensions là où il n’y en a pas. » (par V. Mboungou le 19 mai 2007, Afrik.com).

Alors ? Les jeunes d’aujourd’hui sont-ils pire qu’autrefois ? Peut-être que, avant de l’affirmer, on peut leur demander ce qu’ils en pensent…

Le principe de la délibération :

Faire circuler la parole entre les participants de la délibération, à savoir nous citoyens et acteurs de la société, aller à la rencontre de l’autre et co-construire ensemble un espace public de réflexion.

Nous avons tous un droit égal à la parole. Usons-en. Autorisons-nous l’exercice. Donnons-nous la possibilité de nous questionner sans recourir d’emblée à des idées reçues ou à des opinions communes.

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