25/10 Débobine & débats | En guerre – Quel sens à l’emploi ?

Le travail, une valeur en voie de disparition. Tel était le titre, en forme de constat, que la sociologue Dominique Méda choisissait pour son essai consacré à la valeur travail – à bien distinguer, soulignait-elle, de la notion d’emploi. C’était il y a vingt ans. La France faisait le choix des 35 heures. Enfin libéré-e de ses chaines, le travailleur, la travailleuse, allait pouvoir se consacrer à d’autres tâches, à d’autres objectifs. C’était il y a vingt ans et depuis des pans entiers de l’économie se sont effondrés, bien des emplois ont disparu, et la valeur travail, confondue avec la question de l’emploi, n’a jamais cessé d’occuper une place centrale dans nos préoccupations. Au contraire. Source principale des revenus qui autorisent l’accès à la consommation, mais aussi voie principale vers la reconnaissance sociale, l’emploi rémunéré demeure au cœur de notre modèle de société – et reste le dernier garant de tous nos droits : sécurité, santé, vieillesse, et même…  bonheur.

Un paradoxe insoutenable quand, ainsi commence « En Guerre », les cadres de l’entreprise pour lequel on a tout donné, accepté tous les sacrifices, décident inexplicablement de fermer l’usine, au mépris total des promesses passées et malgré des bénéfices records.

Avec ce nouveau film d’une intensité révoltante, Stéphane Brizé retrouve son acteur fétiche, Vincent Lindon, en meneur syndical qui galvanise autant le personnel de son usine que les spectateurs et spectatrices, pour une réactualisation de la lutte des classes et une guerre d’autant plus violente qu’elle est traitée à la manière d’un documentaire. A voir d’urgence. D’abord parce que cinématographiquement, c’est très fort. Et puis à discuter, à partir de ces deux questions qui traversent tout le film : que revêt la valeur travail aujourd’hui ? Et, partant, les luttes syndicales ont-elles encore un sens ?

En Guerre de Stéphane Brizé (2018, 105’, FR)

Malgré des mois de sacrifices et de compromis, l’annonce de la fermeture totale de l’usine Perrin Industrie est annoncée à ses ouvriers. Les 1100 salariés, portés par leur porte-parole Laurent Amédéo, refusent cette décision brutale et vont tout tenter pour sauver leur emploi.

La projection sera suivie d’une rencontre avec Felipe van Keirsbilck (CNE) et Lise Mernier (PointCulture), animée par Etopia.

 

Infos pratiques

  • le 25/10 à 19h00 – PointCulture Bruxelles
  • Prix libre (Snack bio fait maison)
  • En partenariat avec : Point Culture, Etopia, CNEGresea asbl