18/05/2010 – Khourcha

Khadija Khourcha est politologue de formation, elle a aussi un diplôme en science du travail (gestion du personnel) et une agrégation de l’enseignement secondaire supérieur.

Elle a travaillé en tant qu’enseignante et dans l’éducation permanente à « La Voix des Femmes » en tant que formatrice alpha, responsable de projet et gestionnaire administrative et financière.

Actuellement, je suis permanente syndicale pour les Femmes et les Travailleurs sans Emploi à la CSC de BXL. « Les Femmes CSC-BXL se veulent être les protagonistes et les porte-parole des femmes travailleuses de Bruxelles (avec ou sans emploi).  Les questions abordées le sont dans les multiples dimensions qui caractérisent le public concerné : la diversité des femmes et la diversité des rôles qu’elles sont amenées à jouer quotidiennement.»  C’est dans ce cadre que pour cette année, « Les Femmes CSC » ont choisi pour thème de travail : l’impact de la crise sur les femmes.

 

Une approche sectorielle de la crise sur des femmes

 

Introduction

Lorsqu’on parle de l’impact de la crise sur l’emploi, c’est essentiellement pour parler des pertes d’emploi massives dans des secteurs masculins.  Une conséquence directe de cela a été  que les plans de relance économique ont concerné principalement, eux aussi, des secteurs masculins.  L’augmentation du taux de chômage de ces derniers mois montre une évolution de la répartition par sexe.

L’indicateur « perte de travail » pur et simple  montre que la crise a dans un premier temps lourdement impacté les hommes et que les femmes ont été touchées dans une deuxième phase, ce qui continue à être confirmé depuis quelques mois.

Spécificités des secteurs employant une majorité de femmes

Les professions où les femmes travaillent en majorité sont les suivantes : gardes d’enfants et aides ménagères, secrétariat, services aux entreprises, éducation, vente et commerce, services publics. Il ne s’agit donc par des secteurs industriels, qui ont été touchés en premier lieu par la crise.

Secteurs financés par les pouvoirs publics

La crise, en particulier le « sauvetage des banques », a asséché les finances publiques.  Dans ces secteurs, les effets de la crise vont être répartis sur plusieurs années, de manière progressive. On y constate la suppression ou la non reconduction de certains postes (CDD) ou subsides.

Dans l’enseignement, on peut en outre craindre une augmentation de la pénibilité du travail due à la précarisation du public scolaire.

Services aux personnes

Ces secteurs dépendent du pouvoir d’achat des ménages. La baisse progressive de celui-ci, dû aux nombreuses pertes d’emploi, entraîne à son tour une diminution de la demande. Cela se traduit jusqu’à présent par des pertes d’heures de travail et une flexibilisation des horaires, et assez peu par des suppressions d’emploi.

Services aux entreprises

De manière générale, dans les entreprises qui emploient une majorité d’hommes, on constate que le peu de femmes de femmes sont le plus vite touchées par la crise, et ce pour deux raisons.

En premier lieu, les entreprises font d’abord des économies dans les cafeterias, le catering, le nettoyage et l’administratif (90% de femmes).   En deuxième lieu, les premiers emplois supprimés sont souvent les temps partiels ou les CDD (non renouvellement), dans lesquels on retrouve les femmes.

Commerce

La fragilisation du secteur a pour conséquence une augmentation des plages d’ouverture, afin d’attirer au maximum le client. On assiste donc à une extension  et une déstructuration des horaires de travail.

Conclusion

On le voit, les femmes sont bien, elles aussi, touchées par la crise. Il s’agit en réalité de l’amplification des logiques qui étaient déjà à l’œuvre depuis bien avant la crise.

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